Le bien-être au travail a de plus en plus la cote. Les expressions telles que le bonheur au travail, le mieux-être, la santé, l’équilibre personnel ou encore le bien-être psychologique font partie du vocabulaire courant.

Il a, en effet, été démontré que le bien-être au travail a des conséquences favorables sur toute une série d’indicateurs de performance organisationnelle tels qu’une augmentation de la loyauté et de la satisfaction de la clientèle, de la sécurité au travail, de la productivité ou encore des gains en Bourse ainsi qu’une diminution de l’absentéisme [1]. Les organisations soucieuses de leur efficience ont ainsi tout intérêt à ne pas négliger le bien-être de leurs employés.

Toutefois dans la pratique on peut constater que l’accent est principalement mis sur la manière de traiter les problèmes de santé mentale au travail plutôt que sur la manière de favoriser une excellente santé psychologique au travail.

Que signifie la notion de bien-être au travail ? Il existe de nombreuses définitions liées au bien-être de manière générale mais beaucoup moins spécifiquement par rapport à la sphère professionnelle. Récemment, des auteurs [2] ont souligné que le bien-être au travail est lié à cinq besoins fondamentaux :

  •  le besoin d’avoir des interactions positives avec les autres dans le cadre du travail.
  •  le besoin d’accomplir un travail qui a du sens, qui est intéressant et qui permet de se réaliser en tant qu’individu.
  • le besoin de posséder les aptitudes nécessaires pour réaliser son travail efficacement et de maîtriser les tâches à effectuer.
  • le besoin de s’impliquer par rapport à son organisation et de contribuer à son bon fonctionnement ainsi qu’à son succès.
  • le besoin d’être apprécié au sein de son organisation pour son travail et sa personnalité.

Cette définition présente l’intérêt de mettre en évidence les principales ressources de travail dont les travailleurs ont besoin pour se sentir bien. D’autres études ont investigué le bien-être au travail au travers des notions telles que les émotions ou encore les attitudes positives au travail.

Il a été démontré dans plusieurs études [3] que les travailleurs qui ressentent des émotions positives au travail telles que du plaisir, de la satisfaction ou encore de la fierté ont tendance à être plus créatifs, à davantage collaborer avec leurs collègues, à être moins enclin à vouloir changer de fonction ou de travail ou encore à être plus performants et productifs.

D’autres études se sont également intéressées aux attitudes positives au travail telles que l’engagement, la motivation ou encore la performance ainsi qu’aux ressources de travail permettant de favoriser des attitudes telles que l’autonomie dans le travail, la flexibilité des horaires ou encore un style de management soutenant et efficace.

Ces quelques études montrent qu’augmenter les émotions et les attitudes positives des travailleurs devrait constituer un objectif majeur des politiques en Ressources Humaines.

En d’autres termes, il importe pour les entreprises de pouvoir identifier ce qui peut rendre les travailleurs heureux plutôt que de viser uniquement à diminuer le nombre de burnout.

Cette nouvelle vision permettrait ainsi de se situer plutôt dans une approche de prévention primaire (c.-à-d., mesures de prévention avant la survenue de mal-être) que dans une approche de prévention secondaire ou tertiaire (c.-à-d., mesures de prévention qui visent à réduire les premiers signes de burnout ou à prendre en charge les personnes ayant été en burnout).

Caroline Iwein


[1] Sources : Dagenais-Desmarais, 2010 ; Dagenais et Privé, 2010 ; Delobbe & De Hoe, 2012

[2] Source : Dagenais-Desmarais et Savoie, 2010

[3] Sources : Lyubomirsky, King & Diener, 2005 ; Maslach et Leiter, 2017 ; Xanthopoulou, Bakker, Demerouti et Schaufeli, 2012